Pain Noir pour Apiliger

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Accompagner les agriculteurs lors des contrçoles de l'administration

IMG_4156.JPGDans le département du "Pas de Calais" une jeune agricultrice se fait contrôler. On lui reproche de ne pas respecter la législation. Elle se procure auprés de la chambre d'Agriculture d'Arras un décret prouvant que l'infraction qui lui est reprochée est infondée. De fait plus de poursuites. Pourquoi ce contrôleur n'a t il pas fait cette recherche réglementaire avant ?

 

Dans de nombreux cas, la résolution de problèmes vient de ce que l’on appelle la « volonté politique ». Mais si celle-ci n’existe pas, alors les médias jouent un rôle capital, en mettant en avant ces problèmes de manière telle qu’il ne devient plus possible de les occulter. C’est ce qui est en train de s’opérer aujourd’hui à propos du suicide en agriculture.

Le sujet fait désormais partie de l’actualité, depuis le 11 octobre dernier, et la journée nationale d’hommage organisée à Saint-Anne d’Auray. Et il vient brusquement de rebondir, ce dimanche 10 janvier, avec deux reportages à la fois très intéressants sur le fond, mais aussi venant de médias qui dépassent très largement le cadre des microcosmes local ou agricole : un reportage de 50 minutes diffusé le matin sur France Inter dans l’émission Interception, un autre d’un quart d’heure sur M6 dans le cadre du magazine 66 minutes.

Les témoignages de France Inter et M6

Voici quelques phrases qui ont été prononcées lors des témoignages d’agriculteurs recueillis par la journaliste de France Inter, Vanessa Descouraux : « Il faudra peut-être ouvrir les yeux à nos politiques, à notre société. Il y a plein de gens en détresse, chacun fait son boulot dans son coin » ; « Faut pas avoir peur de la dire, parce que demain ça peut être notre voisin » ; « On nous pousse à investir si on veut rester dans le tempo. On est des numéros maintenant, on ne nous respecte plus. » « Mon voisin, je n’aurais pas cru qu’il aurait fait ça ». « Depuis 40 ans, la politique agricole n’a qu’une seule préoccupation, le maintien des volumes ; l’homme on ne s’en préoccupe pas. D’ailleurs, on dit volontiers que les agriculteurs n’ont plus le droit à l’erreur. »... « Le paysan, quand il sème, c’est pour offrir la vie. Il s’est fait dessaisir de ça, il n’a plus de reconnaissance. Les finances, il n’y a pas que ça, on voit des paysans qui se suicident qui sont très bien financièrement. »

Et l’on peut ajouter le commentaire journalistique de Vanessa Descouraux à propos de la journée du 11 octobre : « Il n’y avait aucun responsable politique, aucun responsable syndical... »

Dans le sujet du 66 minutes de M6, on relève ces autres témoignages : « On travaille à perte depuis plus d’un an, il y a un moment où on ne peut plus. » Ou encore : « On n’a pas commis de crime, et pourtant nous passons en conciliation de justice (Ndlr : pour espérer étaler notre dette). On n’a fait que travailler... »

Quelle est l’ampleur du phénomène ?

Le sérieux journalistique de ces deux grands médias et de ses reporters ne peut en aucun cas être mis en cause. L’exagération éventuelle du phénomène, mise en avant par ceux qui n’ont pas voulu s’en préoccuper jusqu’à présent, ne se fonde finalement que sur les chiffres officiels, une étude rendue publique fin 2013 et évoquant les années 2007 à 2009... En d’autres termes, depuis 2009, nous ne savons, officiellement, rien.

Il conviendrait donc de se soucier, pour de bon, de connaître l’ampleur de ce à quoi il faut faire face. La politique de la poussière sous le tapis ne peut plus durer, et cela grâce à la médiatisation. Mais comment chiffrer ? Une autre enquête ? Celle de l’InVS (institut de veille sanitaire) en collaboration avec la Msa (mutualité sociale agricole) éditée en 2013 mais portant sur 2007-2009 présentait des défauts : 1. Il s’agissait d’une extrapolation généralisée d’après quelques résultats récoltés ; 2. Elle ne tenait pas compte des toutes petites exploitations ; 3. Elle ne prenait en compte que les suicides déclarés comme tels, alors qu’il arrive tout de même relativement souvent qu’un suicide soit déclaré comme « accident », ne serait-ce que si sa cause est l’endettement, pour que celui-ci ne vienne pas créer un autre suicide, celui de la veuve (et donc pour l’assurance, qui exclut très souvent le suicide, puisse jouer) ; 4. Enfin, on l’a déjà dit plus haut, les dates : sortir des chiffres plus de 4 ans après, ce n’est pas acceptable...

Mais si la volonté politique devait enfin exister, il existerait d’autres méthodes de calculs. Je vous cite un exemple, les banques peuvent donner leurs chiffres de clôtures de compte (ou de changement d’affectation vers la veuve ou le veuf). Et cela bien sûr sans lever le secret bancaire, juste en donnant des statistiques globales, par département, et bien sûr réelles. Après il y a un tri à faire sur les causes de ces clôtures, mais il est, le plus souvent, réalisable par les banques elles-mêmes. Tout seul, dans son coin, Jacques Jeffredo, l’organisateur de la journée du 11 octobre, par ses propres recoupements par rapport aux chiffres qu’il a lui-même récoltés sur plusieurs cantons et départements, estime qu’il existe un minimum de 2 suicides d’agriculteurs par jour. La Msa avait donc chiffré à 1 tous les deux jours. Ce n’est du tout la même chose (une différence de 1 à 4 !). Aucune politique sérieuse pour endiguer le phénomène ne peut être menée sans connaître son ampleur. Il faut donc commencer par là : chiffrer, avec le plus d’exactitude possible.


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13/04/2016
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